Odon Carnavalet pénétra dans la grande pièce, sale et délabrée.
Elles étaient toutes là, les femmes d'Odon. Il se promenait en maître dans ce qui était à cette heure son harem. Les mains vulgairement posées sur les hanches, Odon sourit légèrement en apercevant une malheureuse esseulée.
Et quand les yeux d'Odon Carnavalet, lestement dénudés des lunettes de soleil qui faisaient de son regard un mystère, se posèrent sur la jeune victime, elle sentit qu'elle était perdue.
Ses amies ne furent même pas lâches en s'abstenant de lui porter secours. En effet, elles n'ignoraient pas que la colère du grand homme pouvait s'étendre sur chacune d'entre elles si on lui opposait le moindre mouvement de rébellion.
Il leur fallait céder à ses désirs.
La pauvre tenta de fuir dans l'angle opposé, mais Odon la plaqua contre le sol et lui arracha la boucle d'oreille qu'elle avait reçue lorsqu'elle n'était qu'une enfant. Elle cria, s'essayant à la lutte avec le Cruel. Mais Odon la maintint encore plus fortement dans cette honteuse position et parcourait avidement des yeux la croupe arrondie de la toute jeune mère de famille.
Odon Carnavalet exhiba ses atouts et approcha son fourreau de la toute tremblante Humiliée.
Oui, il l'humilia ! Car Odon n'était plus que violence et bave aux lèvres.
Quant à elle, son corps tout chaud remuait avec exagération, dans une sensation extrême concentrée autour d'un orifice progressivement distendu par les attaques répétées de l'homme.
Elle exagérait presque le ressenti physique par des vocalises que l'on estimerait orgasmiques-s'il ne s'était pas s'agit d'un crime ! Jusqu'au bout, elle refusa de consentir à pareille abomination, se débattant, résistant. Mais lui, il la dardait sans fin, jusqu'au tréfonds des entrailles, suant des gouttes de fatigue et de concentration qui en disaient long sur son ardeur.
Leur corps accroupis, couchés, dansaient la frénétique rythmique d'une passion jamais reniée.
Odon Carnavalet sentit que le moment ultime allait poindre, son visage se contracta, les yeux mi-clos, il poussa un grognement jouissif en voyant jaillir l'espérée fontaine, constellation de gouttelettes se répandant sur la malheureuse, qui resta étendue sur le sol, anéantie.
Odon Carnavalet réajusta son pantalon et sa veste, mis à mal lors de ces sauvages ébats. Il examina sa proie, à terre.
Elle était morte. Un sourire de satisfaction éclaira le visage de l'Assassin.
Alors Odon se retourna et cria :
- - Pierrot ! Ayé ! J'a pu égorger la truie ! A fut coriace, et la pieau ben dure ! A m'a fatigué, a bougé tout l'temps, comme si que voulait point crever ! J'avons jamais vu ça à l'abattoir ! Te peux faire rentrer les autres truies, mais faudra nettoyer l'sang, y'en a de partout, même sur moi !
Odon Carnavalet fut invité à partager un verre de rouge, dans la cuisine de la ferme de la famille. Sur la table en bois qui trônait au centre de la pièce, la femme de Pierrot donna les cinquante euros promis à Odon. Le paysan promit à Odon de lui offrir l'un des saucissons qu'on confectionnerait à partir de la truie par lui assassinée.
Odon quitta les époux, montant dans son utilitaire Renault, fit démarrer le moteur et regagna sa boucherie.
La nuit tombait sur Gergouville-le-Panafieu.
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Rubrique V