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  Cinéma
 

La folle journée de Ferris Bueller

La folle journée de Ferris Bueller - Ferris Bueller's day off

Avoir un jour au loin à partir de l'école.

Ecrit et réalisé par John Hugues
Avec Matthew Broderick, Allan Ruck, Mia Sara


Retour en 1986.

Réveil difficile pour l'Amérique au lendemain de la guerre du Viet-Nam. La musique populaire se perd dans la technologie des synthétiseurs (qualifiée d'hypocrite par certains). La France prépare en secret le raz-de-marée de ce qui sera connu par la suite dans le monde entier sous le nom de French Minitel (Minitel français).

La folle journée de Ferris Bueller - Ferris Bueller's day off

Aujourd'hui, les relents de ce tragique épisode politico culturel (les 80's) sont encore vifs au contact des œuvres cinématographiques de l'époque. Le malaise le plus profond résulte du film La folle journée de Ferris Bueller, épouvantail dressant le portrait de la CSP la plus touchée par la " crise des années 80 " (ou " complot des années 80 ") : les adolescents américains titulaires de l'équivalent yankee du permis B français (The French Permis B).

Ce film, dont l'ambition de départ était de fournir du divertissement aux spectateurs " …et puis c'est tout, merde… " (Dixit John Hugues, sur le plateau de Larry King le 2 Juillet 1987), va se hisser au rang de film culte pour tous les proto-grunges de Seattle.

Au centre du phénomène, la représentation dans Ferris Bueller (et c'est une première) de " la génération conduite accompagnée ". Lors de l'été 86, c'est le même drame scandinave qui se joue à la sortie de chacune des séances du film au Etats-Unis.

Le public est choqué. Et il y a de quoi puisque, attiré par un vague râle médiatique, les spectateurs se font servir des scènes pour le moins déstabilisantes.

Il faut bien se mettre dans le contexte de l'industrie du spectacle et de l'entertainment d'alors.

Aucun enfant de moins de 23 ans n'avait jamais été filmé conduisant autre chose qu'une calèche à traction canine.

Un an plus tôt, il y avait eu l'exception Retour vers le futur, mais il s'agissait d'un film surréaliste sur le voyage dans le temps, qui, comme le savent près de 60% des Américains, n'existe pas en vrai.

Choc donc avec Ferris Bueller dans lequel le héros et son camarade conduisent une voiture décapotable, fonctionnant avec ce que les spécialistes qualifieront de moteur à explosion, 4 temps.

La folle journée de Ferris Bueller - Ferris Bueller's day off

L'opinion publique s'émeut et se sent " un peu flagada " au point de perdre l'équilibre sous le coup de l'émotion. La claque (figurée) que donne le film à l'Amérique bien pensante est notamment due au réalisme quasi documentaire de l'œuvre.

Rien ne peut laisser penser qu'il s'agit de doublures au volant du bolide lors des scènes de conduites effectuées en milieu naturel (la rocade est de Portland, inaugurée peu avant le début du tournage en 85).

Les cascadeurs professionnels qui doublent témoignent pourtant sous couvert de l'anonymat : " Les gamins n'ont jamais approché un véhicule motorisé, et ce durant tout le tournage ", nous raconte Edgar Johnson, aujourd'hui doublure épaule de Patricia Arquette.

La folle journée de Ferris Bueller - Ferris Bueller's day off

Le réalisme du film est en fait le reflet d'une société où les jeunes conduisent (parfois jusqu'à l'arrêt complet des véhicules) et cela laisse un goût amer dans la bouche des spectateurs puritains de naguère, certains auront même " le nez qui coule " (cf l'apparition de Charlie Sheen dans la scène du commissariat).

Le 28 Juillet 1986, devant les proportions mondiales que prend la polémique autour de La folle journée de Ferris Bueller, l'Union Soviétique décide de retirer six régiments d'Afghanistan.

L'Europe n'est pas épargnée et ce sont Thatcher et Mitterrand qui donnent la plus belle leçon de sagesse dans ce débat houleux en décidant la construction d'un tunnel et de lignes ferroviaires sous la Manche (entre les îles britanniques et le continent) afin que " les jeunes prennent plutôt le train que la voiture ".



Bo Derek -

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