La vie est belle, la vie est une crécelle.
J’aime la Terre, cette planète remplie de gens sympathiques et affectueux.
Terre,
Ô toi planète bleue
Dont la rondeur rappelle les bulles de la bière
Que n’es-tu pas le lieu
De repos pour toute l’humanité
Qui n’éprouve pour toi aucune pitié.
Magnifique crécelle du XVème siècle exposée au Musée de la Crécelle à Mourbailly
C’est sur cette sphère magnifiquement toupie, que les merveilles de l’univers sont regroupées.
Dont le kebab.
Kebab, magnifique nourriture née sur les cendres de l’Empire Ottoman et popularisée du monde entier grâce à la tribu de Goethe.
Kebab substance vitaminée s’absorbant avec les deux mains.
Las.
Pourquoi la perfection n’a t-elle pas inondée de sa bénédiction notre chaleureuse planète ?
Ah ! Malheur !
Ah ! Tristesse et désespoir !
Un ingrédient du succulent sandwich est un dangereux fumiste.
Je veux parler ici de l’oignon, car tel est son nom.
L'oignon, ambivalence goûtue ?
Misère et déception !
Un aliment au goût si unique et si agréable est malheureusement malodorant, et laisse cette effluve nauséabonde importuner toute personne se trouvant à proximité du gourmet.
J’en étais en effet condamné à cette effroyable question : avec ou sans oignons ?
Des jours et des nuits, des autres jours et des autres nuits, des autres autres jours et des autres autres nuits, j’ai ainsi médité sur ce paradigme insoluble (il est vrai qu’un paradigme est rarement soluble, surtout lors des équinoxes, allez savoir pourquoi !)
L'ail, tout aussi malfaisant que son cousin l'oignon
Un jour, n’en pouvant plus (je venais aussi de visionner l’épisode spécial Thanksgiving de Dallas saison 10, épisode qui m’avait fortement traumatisé), je pris mon courage à deux mains et mis sur pied un plan de bataille. (Je tiens à préciser aussi que l’épisode sus-cité de Dallas était encore plus horrifiant que l’épisode 1698 de l’Inspecteur Derrick, celui où le célèbre policier tombe en panne d’essence en se rendant au chevet de Madame Raukelsberger, atteinte d’un rhume des foins.)
Le soir-même, j’achetai un kebab AVEC oignons. Plaisir coupable, délectation goulue.
Le lendemain fut sans surprise : le souvenir du kebab se ressentait à chaque expiration. Le brossage de dents appuyé et le chewing gum furent bien entendu inefficaces.
Déprimé, je décidai de me remonter le moral en ingurgitant un petit verre de blanc. Puis un deuxième. Et un autre.
Des homards de bon goût
Miracle ! Plus je savourais ce nectar jaunâtre, plus les effluves d’oignons perdaient de leur persistance ! La bouteille vidée, je pris l’initiative d’essayer cette fois-ci avec de la vodka.
De mieux en mieux ! L’haleine fraîche (bon, je suppose car je me rappelle d’avoir perdu à ce moment-là le sens du goûter), le regard perçant (aucune bouteille n’échappa à mon redoutable œil de lynx) et l’esprit vif (j’innovai en me passant de l’usage du verre pour boire directement au goulot) : j’avais vaincu la malédiction du kebab.
J’étais d’une telle naïveté !
Fatigué par tant d’exercice, je pris l’initiative de mon propre chef (même si cela ne semble pas évident pour une personne qui n’a pas assisté à la scène) de dormir.
Le lendemain, je me réveillai et constatai avec horreur que le cauchemar était loin d’être terminé : j’étais tombé cette fois dans les griffes de la malédiction de l’alcool, appelée plus communément « gueule de bois ».
Mais ceci est une autre histoire.