Disque en forme et au goût de banane.
Un peu comme ces bonbons jaunes de boulangère qui une fois en bouche rappellent plutôt la gomme détergente que la friandise traditionnelle du gouffre du terroir.
Arular de M.I.A. (prononcez emmaïhé) donne à l'auditeur ravi l'occasion de mettre en sa bouche de la machine électronique pendant une imaginaire fondue savoyarde party aux fruits synthétiques.
En bref, beaucoup de saveurs taquinant les hanches du danseur mélomane contemporain émanent de ce disque réjouissant.
Attendu depuis longtemps comme une tempête annoncée parfaite pour faire exploser les dancefloors de toutes provinces mondiales, le premier vrai album de la diva Maya Mathangi Aruluragasam (native londonienne de parents sri lankais, la petite famille déménage de nouveau au Sri Lanka alors que Maya est âgée de 6 mois), ne surprend heureusement pas et calmerait facilement les ardeurs de n'importe quel adolescent mal formé (à savoir que le pénis de l'adolescent est plus gros que son corps).
J'entends par là que cet album est un square où les jeunes mamans emmènent leur progéniture se distraire les mercredis de la fin du mois de mai, ces après midi de chaleur proto-estivale qui contraint les corps à se mouvoir lentement et à transpirer fort.
Un square richement aménagé par la mairie pour faire oublier la notion de temps : des toboggans bananes, des balançoires bananes, des marchands de glaces à la banane, cette merde est définitivement banane.
Un terrain de jeu global qui multiplie les plans machiavéliques pour causer syncopes et autres tours de reins.
Plans machiavéliques qui empruntent leurs mécanismes et engrenages maléfiques à la quintessence de ce que la musique ghetto-dance offre à ce jour.
Beats dévastateurs qui invoquent aussi bien les favelas cariocas que le sud sale des Etats-Unis (Atlanta).
C'est un fait, M.I.A. est un de ces braves chevaliers de la fesse, aux côtés de papes ghetto-tech comme Godfather, Deeon, Assault (j'en oublie 300 000) à Detroit, mais aussi les représentants de la bass aux quatre coins du monde : Atlanta, Baltimore, Miami, Houston, Memphis, les kids du baile funk brésilien, et pourquoi pas certains jamaïcains.
Cet amalgame heureux n'est guère surprenant quand on sait que M.I.A. a de grandes accointances avec le DJ-producteur Diplodocus (Diplo pour les branchés), un des catalyseurs de la musique des boums lycéennes du futur avec son projet Hollertronix (en compagnie de Low Budget).