Revenir à l'accueil du Sixième Elément
 
   
   
 
Sommaire
  »»Edito
»»Littérature
»»Cinéma
»»Musique
»»BD
»»Télévision
»»Société
»»Jeux Video
»»Rubrique V


Pratique
  »»Rescousse Emploi


Détente
  »»Blagues
»»Pin-up


Télécharger
  »»So-6son Records


Le nouveau Sixi6me Elément


fil RSS
fil RSS

  Littérature
 
Le plaisir au coin de la rue



Un livre est toute une histoire.

Un dimanche matin, je me promenais dans la rue, pensif.
Je venais de relire l’intégral de Proust la veille et j’en étais à me demander si la vision du temps par l’auteur n’était pas trop simpliste, trop prolétaire.
rue piétonne animée J’étais plongé dans cette réflexion cathartique, quand je remarquai que je me trouvais devant la devanture d’un bureau de tabac.

Situation anodine.

Pourtant, je me rendis compte que je n’étais jamais entré dans cet établissement.
Pourquoi ne pas visiter cette échoppe ?
J’ouvris la porte, et tel un catéchumène, je pénétrai cet endroit inconnu.

Un spectacle coloré, compact s’offrit à moi, digne des Jeux Néméens. L’étal regorgeait d’ouvrages ; une profusion de titres qui, tels des gladiateurs, se battaient pour retenir l’attention du chaland.
Chaque objet était un orfroi catégorématique.
Ce chaos organisé était si dense, si extraordinaire, qu’il semblait être l’écale d’un fruit magnifique, inaccessible.

C’est là qu’Il apparut à mes yeux fatigués.

L’ouvrage, sujet du présent article.

Le Télé Z - Programmes du 12 au 18 février, de 2F (pseudonyme assez étrange il est vrai).

Je dois avouer que je ne connaissais ni cet auteur ni son œuvre.
Celle-ci tire son originalité de sa périodicité : un chapitre / une histoire chaque semaine !
Télé Z - Programmes du 12 au 18 février est ainsi le 909ième volume.

Un record.

Surtout que le contenu est à la hauteur de toutes nos espérances les plus folles.
Il n’est pas question à proprement parler d’une histoire, mais de l’Histoire, de l’Histoire de la vie, de ses choix, de ses peines de ses doutes. Et tout est symbolisé par la télévision.
Cette métaphore audacieuse, qui frôle souvent l’allégorie permet toutes les audaces contemplatives.
J’en veux pour preuve à la page XXXVI, où l’on peut voir se suivre sur TF1 (nom de l’une des chaînes de télévision) Dallas puis Tac O Tac TV !

Chef d'oeuvre

La cupidité sous deux de ses formes, et sans qu’il apparaisse une seule fois un sentiment de redondance !

La place me manque pour m’exulter sur toutes les facettes de ce chef-d’œuvre.
Toutefois, je ne peux passer sous silence la symbiose parfaite qu’a le contenant avec le contenu.

Sur les deux tiers de la première page de couverture est imprimée une photographie de l’actrice américaine Andie MacDowell (voir photo ci-contre).

L’image surexposée nous montre une actrice sous son plus mauvais jour : le rouge à lèvre dégouline sur les dents trop blanches, presque irréelles.

Hollywood dans toute sa vulgarité.

Sur les côtés du front, on distingue des rides.
Vieillesse ? Usure du temps ? Hypocrisie ?

En une seule image est résumée toute l’essence de la Vie.

Si Godard et Dali avaient été écrivains, ce livre serait le leur.

L’œuvre de 2F est si passionnante que j’y reviendrai sûrement.



Edgar Willis Baudelaire -

>ses autres articles



Accueil > Littérature