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Yellow Magic Orchestra - Solid State Survivor



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Ryuishi sort en 1977 dûment diplômé de l'Université nationale des beaux-arts et de la musique de Tokyo.

Claviériste depuis son plus jeune âge (18 ans), il s'est initié entre autres au jazz, aux musiques électroniques et ethniques en écoutant le tout nouveau groupe de world shit allemand Savuka (qui n'est pas encore dirigé par cet enfoiré de Johnny Clegg), à l'orchestration pop et la composition de musique de pub (il s'illustre d'ailleurs pour le spot Air France où le caissier fait la bise à la pute sur les deux seins en 1978).

Son expérience et sa motivation sont grandissantes (il est le premier à installer la clim dans son camping-car, bien avant ces imposteurs de Beatles), et la fréquentation des soirées mondaines l'amène à rencontrer Julien Sagaka, le célèbre crooner japonais avec un prénom belge.

Grâce à ses connexions, il se voit offrir la location d'un studio professionnel flambant neuf dans lequel il enregistre son premier album solo en deux jours. Thousand knives est le titre de cette œuvre avant-gardiste qui ressemble un peu trop à la musique de la Soupe aux choux à mon goût.

C'est vrai que c'est une question de point de vue, mais je trouve que les médiums sont un peu surdimensionnés pour les charleys. Toutefois, cela reste un très bon disque.

SSS - back cover

La notoriété de Ryuishi, elle aussi, va grandissante. Elles sont de plus en plus nombreuses, les petites raclures, à vouloir s'octroyer un peu du prestige de Ryuishi en lui faisant la cour.

C'est dans ces conditions qu'il rencontre, lors d'un thé dansant, le batteur et chanteur Yukihiro Takahashi, vedette nipponne issue du groupe de pop-progressive Sadistic Mika Band.

Ils s'aiment furtivement le soir de cette rencontre. Les bases du Yellow Magic Orchestra (YMO) sont posées.

La femme de Ryuishi tombe enceinte et YMO cherche son troisième homme. Devant la médiocrité des candidats, Sakamoto et Takahashi sont sur le point de saborder le projet. La fin de l'année 1978 voit se produire un nouveau rebondissement dans l'histoire du groupe.

Yukihiro se fait offrir un disque de Haruomi Hosono, pionnier de la rencontre entre folk-rock US et musique traditionnelle japonaise, pour ses 24 ans. Il en tombe éperdument amoureux et après un contact rapide via leurs agents respectifs, les trois protagonistes forment désormais le Yellow Magic Orchestra dans sa géométrie finale.

Solid State Survivor sort en 1979.

Album somme des influences monstrueuses du trio et de la dance culture moderne, SSS est encensé par la critique mais reçoit un accueil frileux de la part du public (le disque se vend à 3000 ou 4000 exemplaire dans le monde, pas plus).

Solid State Survivor - cover

Pourtant les journalistes de l'époque ne s'y étaient pas trompé : une production solide et des accords émouvants font de l'album la bande sonore possible d'une de ces grosses productions américaines qu'on voit sur les arrêts de bus.

En clair, on dirait que Vangelis, Giorgio Moroder et Kraftwerk ont marché dans la même merde, sur le même trottoir, que les trois mecs de YMO sont passés derrière, ont ramassé les restes et les ont adaptés en disque.

Ils aboutissent ainsi à de véritables perles comme Technopolis, brûlot électro-funk qui ouvre l'album, Behind The Mask, qui fait parti de ces morceaux augurant le style illégitime et bidon que fut le trip hop des nineties, et surtout le morceau final éponyme, mélangeant chants gutturaux (sorte de heavy-metal avant l'heure) et mélodie pop savoureuse qui swingue.

32 minutes inoubliables.

Yellow Magic Orchestra - Solid State Survivor (1979)


Bo Derek -

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