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Le nouveau Sixi6me Elément


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  Edito
 
L'édito



Son corps respirait l'amertume d'une existence à jamais compromise par sa trop grande proximité physique avec le cadavre d'une personne exhumée quelques mois après avoir été écrasée par un chasse-neige. Quand je l'observais, mon regard était comparable à celui d'un honnête citoyen face à sa semelle souillée de productions intestinales canines récoltées sur le trottoir.

Elle rougissait, intimidée, et me demanda ce que je faisais dans la vie. Je n'eus pas à lui répondre car je venais de réaliser que toute l'assemblée était muette de stupéfaction devant Oodile évacuée de la salle pour une hémorragie nasale abondante. Ah oui, j'avais oublié de lui souffler le nom de la savante.

Enfin, Marie Curie, elle aurait pu s'en souvenir toute seule.

Je baissais la tête, à l'idée du sermon que j'allais devoir endurer de la part de la thésarde courroucée. Me considérant penaud, Poitevine-Suzyberthe s'enquit de mon état.

  • - Vous êtes ému par ce qui arrive à votre petite amie. C'est très touchant d'être venu avec elle.
  • - Ah…merci mais bon c'est pas petite amie, me hâtais-je d'ajouter.
  • - Ah oui ?

La suédoise m'avait répondu si rapidement et si allègrement que je fus saisis d'une étrange appréhension, confirmée par un clin d'œil de Gnou. Je souhaitais esquiver la menace et me levais, arguant d'une irrésistible envie d'abreuver les latrines de l'université. Satisfait de mon mensonge, je tentais de trouver l'infirmerie et Oodile. Mais au détour d'un couloir, je me vis nez-à-nez avec Poitevine-Suzybethe.

Biberon

Elle est grande Suzyberthe, facilement deux mètres et épaisse aussi, dans les 130 kilos. J'ai bien réalisé la différence physique quand elle m'a plaqué contre le mur et qu'elle m'a bavé à l'oreille que mon corps l'attirait tout comme mon intelligence. J'étais il est vrai étonné de ces louanges, d'autant plus rares que je ne lui avais adressée que trois phrases depuis notre rencontre, dont deux lui signifiant mes projets de soulagement de vessie. Je lui proposais de me lâcher, ce qu'elle fit. Elle se mit à pleurer, se plaignant qu'aucun garçon ne souhaitât sortir avec elle.

Elle m'apprit qu'elle avait rencontré quelqu'un sur un site sm-trans-bi qui se disait journaliste et qu'elle allait le rencontrer le lendemain. Poitevine-Suzyberthe pleurait trop et ça m'était gênant. Elle disait que ce garçon constituait son seul espoir et que tous deux, ils ne se cachaient rien. Elle m'apprit que son bellâtre buvait encore au biberon, qu'il aimait beaucoup jouer à la poupée et qu'il était adepte de la rétention fécale depuis qu'il avait lu Freud.

Enfin, elle m'apprit qu'elle lui avait envoyé un cadeau, une casquette " Bâtiments Travaux Publics". Quant à moi je lui racontais ma vie, dans ce couloir désert de vieille fac. Je lui disais que je travaillais au Sixi6me Elément et que mon supérieur était un irascible notoire, adepte du tord-boyaux et des films de viols collectifs de tortues japonaises. Je lui appris que je souhaitais organiser un putsch pour renverser mon chef. Elle me proposa l'aide de son futur, j'acceptais avec entrain. Elle me promit que le soir même, elle lui en parlerait au téléphone.

Nous nous quittâmes, bons amis.

Le lendemain, je me promenais avec Bo, parlant avec lui des clips de Michel Gondry. Bo me faisait part de sa volonté de se lancer dans la création vidéo quand soudain nous vîmes s'approcher un couple, main dans la main. Et quand je vis Nelson avancer avec un grand sourire, une casquette BTP vissée sur le crâne, je compris que ma carrière était brisée.

Enfin, pas tout à fait, puisqu'en échange du maintien à mon poste, j'ai du tripler ma production : vous trouverez donc dans cette mise à jour, extraits de ma plume : le premier chapitre sur l'histoire de la musique et l'interview de Tiffany Limos, l'actrice de Ken Park.

Comme quoi une punition peut avoir des effets positifs, héhéhé.



Messire Tioneb -

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