Bonjour chères admiratrices, chers admirateurs, au nombre sans cesse croissant ! Voici une troisième saison qui commence.
Toujours aux commandes de cette vénérable entreprise qu'est le Sixi6me Elément, voici Nelson André, tyrannique rédacteur en chef, assisté de l'asocial Bo Derek, connu pour ses insultes faciles, et de l'innocente Oodile Deret, souvent affublée d'épithètes à la limite du convenable sur les parois murales des latrines masculines de la rédaction ; et enfin, toujours à son poste, votre serviteur, à la plume fidèle et régulière.
En septembre, il y a une autre événement : la rentrée littéraire. Le Sixi6me Elément se lançant dans l'édition, voici les trois premières références qui initient un catalogue dont on peut être certain de la richesse future.
Nelson André sort un opus " humoristiquement drôle " (dixit le bandeau publicitaire).
Qualifiée de chef-d'œuvre de la littérature par une preview de la Gazette de mon trou du cul (journal clandestin et autonome des élèves du Centre de Réinsertion pour Adolescents de Saône-et-Loire dont Bo Derek est le fondateur historique), l'œuvre en question traite du cas du fils naturel de Nelson André, abandonné à sa naissance par son père.
L'histoire est la suivante, dixit le résumé commercial sur la quatrième de couverture de la monographie nelsonienne :
Né avec une inversion digestive, Panormal défèque par la bouche, converse et se nourrit par l'anus. Panormal, c'est son prénom, donné ironiquement par son père à la naissance, avant qu'il l'abandonne. Dans cet ouvrage, Nelson A., célèbre journaliste ayant gardé l'anonymat, se confie et présente l'adolescence de son fils au travers d'une biographie souvent cocasse, drôle, parfois émouvante. Des premiers baisers donnés à sa nourrice, jusqu'à son suicide par surdose de laxatifs, Nelson A. raconte la vraie histoire de celui qui a dû marcher sur les mains pour se mettre à hauteur des gens auxquels il parlait. Parle à mon cul, ma tête est malade, de Nelson A., c'est LE roman de la rentrée littéraire 2004.
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Edgar Willis Baudelaire, pigiste occasionnel du Sixi6me, y est également allé de son opus avec Le cas Jean L., biographie d'un célèbre humoriste français récemment décédé, connu pour ses rôles dans de multiples vaudevilles de série B, voire C, voire D.
L'objectif avoué de l'auteur est que " le lecteur ne découvre l'identité de la personne en question qu'à la fin de ce livre riche en déclarations sulfureuses, grâce au suspense habilement entretenu jusqu'à la dernière page ".
L'élément qui réduit considérablement le suspense vanté et donc l'intérêt de cette œuvre (composée de quarante chapitres dont l'intitulé débute systématiquement par " Qui suis-je ? "), est disons-le de suite, sa première de couverture avec la photographie pleine-page du protagoniste en question ainsi que l'encart qu'une décision du Tribunal de Grande Instance de Gognoux-le-Joyeux a obligé à insérer à la première page de l'ouvrage, encart portant la mention suivante :
Monsieur Feu Jean LEFEBVRE n'ayant jamais reconnu au sieur BAUDELAIRE, Edgar Willis, l'autorisation de rédiger sa biographie, la famille LEFEBVRE s'est donc portée partie civile, la décision préalable du Tribunal de Grande Instance de Gognoux-le-Joyeux imposant la correction de l'ensemble des faits supposément attribués à Monsieur Feu Jean LEFEBVRE dans le chapitre intitulé " Qui suis-je ? Indices III : Pierre Mondy ou Sim, le cœur de Jean L. vacille ".
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Bo Derek a aussi gratté du bloc-notes dans sa chaleureuse maison de campagne au Darfour.
Refusant la politesse et le consensus littéraire, il a frappé un grand coup avec son ouvrage qui sort à la rentrée, Mes lecteurs sont des gros cons. Il inaugure ici l'élan de la misanthropie littéraire (à distinguer du mouvement de littérature misanthropique de Nelson André).
Citons quelques passages, premièrement l'introduction :
" Vous avez acheté ce livre parce que vous êtes des foutus beaux cons, satisfaits d'avoir perdus leur argent dans un bouquin recommandé par les enfoirés du Littéraire Magazine et de la Quinzaine littérale sous prétexte qu'il inaugure un mouvement novateur, comme s'il existait des mouvements dans la littérature. Tout n'est qu'affaire de mode lancées par des profiteurs qui se font passer par des anarchistes, des rêveurs ou je ne sais quelle catégorie de gros culs enrichis par la connerie de prétentieux bavant à l'idée d'avoir le dernier bouquin d'un tel parce qu'il est tendance. Par conséquent, si vous l'avez acheté, c'est pas par amour de la lettre et encore moins parce que vous avez des sentiments à mon égard, allez vous faire mettre par vos libraires ".
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Suivie d'un extrait de sa réflexion sur l'amour physique :
" Comment peut-on être attiré par un corps, surtout dénudé ? Le corps d'un homme est semblable à une usine d'incinération porcine que la femme admire à travers l'écran correcteur de ses désirs lubriques post menstruels. Le corps d'une femme est une lagune d'égouts mal entretenue que l'homme désire au travers d'un gland périodiquement égocentrique et tyrannique. Le corps n'est qu'un ensemble de trous au travers desquels ne sortent que la puanteur, la sueur, l'excrément, l'urine, le sperme (qui est la mort puisqu'il donne la vie), le sang, le glaire, le vomi. Tout pue dans un corps, le poil recueille le morpion tandis que la peau nourrit la tique. On est attiré par la peau alors qu'il suffirait d'enlever le centimètre de cet artifice ridicule pour être dégoûté par le physique de l'autre : on ne verrait alors que ce qu'il est vraiment : un tas d'os avec des gros organes traversés de gaz, des autoroutes de chiasse, de bouffe qui circulent dans tous les sens sous cette peau que vous caressez naïvement ".
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Enfin, un petit extrait synthétisant la tendresse qu'il porte à ses congénères :
" Je dégueule sur tout, je vous déteste, dès que quelque chose respire la vie, je dégueule, la vie me fait chavirer, j'ai la nausée, j'ai toujours la tête dans la cuvette des chiottes, à vous vomir dessus, j'ai dessiné une mappemonde dans ma cuvette des chiottes comme ça je chie je pisse je chiasse je dégueule sur le monde, sur les gens, sur la vie. "
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- Parle à mon cul, ma tête et malade, de Nelson André.
- Le cas Jean L., de Edgar Willis Baudelaire.
- Mes lecteurs sont des gros cons, de Bo Derek.
Sortie commune en septembre 2004, aux Editions du Sixi6me Elément.