Vous me faites chier à ne pas lire mes éditos, alors je vais me laisser aller à écrire ce que je veux.
Bande de bâtards.
Cherchez l'erreur.
L'océan est bleu, le ciel est bleu.
Le bébé de Rose est bleu.
J'aurais préféré mourir enfant comme ça je n'aurais pas connu les affres de la vie.
Demain je serai plus près de la tombe qu'hier et j'ai en peur.
Vous réalisez ?
En avril je serai mort.
" N'oublie pas le funérarium " me crie Nelson.
On début on pleurera, pourquoi mais pourquoi si jeune si beau si attractif physiquement, cet Apollon du corps et ce Sartre de l'esprit a-t-il disparu du voisinage de nos vies ?
(en gros).
Après je serai un produit commercial, on viendra fleurir ma putain de tombe. Je serai partie du + 50% du CA avant impôt de la fleuriste du coin pour le 2 novembre.
Enfin, on m'oubliera. Je commencerai à ennuyer la famille Semoule-Garette avec ma tombe, là, juste à côté de celle de leur fiston, sauf que moi je serai un ancien sur les lieux, et à cause de mon absence de descendance, personne ne l'entretiendra plus et merde, dira l'employé municipal chargé des cimetières, nous fait chier ce con.
Alors on déblaiera ma place et on foutra les restes dans une fosse commune sur laquelle les gosses viendront pisser après l'école et joueront aux archéologues " j'ai trouvé un os ", crieront-ils, surexcités, en exhibant une partie de mon tibia gauche, qui m'était seulement utile pour cogner le chien handicapé du voisin.
En avril on me dira : " tiens mais t'es pas mort ? ".
Et on rira de moi, Nelson lancera des blagues pas drôles, comme il sait le faire, et Oodile sera de mauvaise humeur. Alors Nelson me dira " elle est énervée, début de mois, tu sais, jours du vinaigre dans le coton, gnagnahah, c'est les vendanges "
Mais je serai mort à l'intérieur, et ça ne m'empêchera pas de marcher pour aller travailler ou faire les courses. On n'acceptera pas que je me plaigne, faudrait que je sois invalide physiquement pour qu'on daigne me tendre la main, me faire des sourires compatissants.
Mais j'ai la moitié de l'âme dans l'obscurité des soucis perpétuels et des remords inoubliables, je ne mérite pas la compassion mais seulement un coup de pied au cul.
Bande de cons.
Et chaque matin à partir d'avril je me réveillerai en pensant que je suis mort.
Rapidement je réaliserai que le meilleur moment de la journée, c'est quand je dors.
Je me concentrerai sur autre chose, pour oublier mon déclin, mais ça ne durera qu'un temps et un jour ou l'autre il faudra bien que mes yeux s'arrêtent sur le verdict de ma mort annoncée.
Je ne suis qu'une tumeur en gestation.
Regarde-toi dans la glace le matin en pensant que tu ne sers à rien, que tu n'es qu'une vaine addition d'artifices physiques voire intellectuels (si tu es allé à l'école).
Quand tu marches dans la rue, pense bien que d'ici peu tu ne pourras peut-être plus.