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Le nouveau Sixi6me Elément


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  Edito
 
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J'ai reçu quelques audacieuses menaces de mort sur mon répondeur après la publication de mon dernier éditorial.

Après avoir mis de côté les traditionnelles vitupérations de Bo Derek, coutumier envieux de mes succès qui travestit sa voix lors d'appels insultants, je constatais que des manants, plébéiens de la société intellectuelle érigée par mes éditoriaux (et de mes nouvelles, as-tu la dernière lecteur ? -lire Le crime d'Odon Carnavalet-), avaient été choqués par la répétition des lignes pessimistes sur la vie en général, alimentées par la faible considération que j'ai de ma propre existence. Je dois donc en expliquer la déchéance afin de me justifier.

J'aime bien le cinéma français nombriliste, l'avenir est à l'autobiographie.

Allons-y donc, avec le traditionnel emploi de la troisième personne du singulier, émule que je suis de ces deux grandes mamelles de l'art du " il-pour-le-je " que sont Alain Delon et Jules César.

Légère biographie

Messire Tioneb est né à Rio de Janeiro le jour de la naissance du caïd Alfredo do Rolinho alias Le Peu-membré, surnommé La Virgule et également connu sous le gracieux pseudonyme de Vain-Coït.

Alfredo do Rolinho
Alfredo do Rolinho

Agé de seize mois, Messire Tioneb se découvre une passion pour les enterrements ; on le voit ainsi présent à de nombreuses funérailles.

Lors des obsèques du baron Sanchez, il prononce ses premiers mots, " corbillard " et "cimetière", faisant l'admiration de l'association des Pompes funèbres du quartier, qui voient en lui un futur collègue motivé.

Se déploie alors chez lui une grande sensibilité pour le marbre des caveaux de famille, mais aussi pour le sapin des cercueils des fosses communes.

En effet, notre bien-aimé futur éditorialiste, sûrement influencé par ses précoces lectures des romans d'Emile Zola et de Popeye le marin, se prend d'affection pour le mouvement prolétaire et assiste avec une émotion non feinte aux obsèques collectives de syndicalistes émasculés puis égorgés par la milice privée de leur DRH, un pote à Goebbels qui avait pris un aller simple Berlin-Rio à temps, en 44.

Tioneb, pourtant membre par sa naissance, des hautes sphères diplomatiques du pays, laisse pousser ses cheveux (il n'en aura pas longtemps, calvitie héréditaire) et sa répulsion du système capitaliste.

ouvriers dans usine

Ejaculé par le désir ouvrier sur le devant de la scène contestataire, Messire Tioneb se lance dans un appel aux suicides collectifs pour ralentir les chaînes de montage dans les usines. Il prône un radical-syndicalisme, allant jusqu'à faire massacrer les ouvriers qu'il défend, par des assassins déguisés en policiers pour exciter les masses contre les puissants.

Cependant, prenant conscience de la faible capacité populaire à toute forme de réflexion, il se désengage de toute activité politique pour se lancer dans la musique.

Grand amateur de Culture Club et découvreur des Grünge Wave, il fréquente naturellement les troquets-music hall de la province de Bel-Horizonte et rencontre une petite frappe oeuvrant dans le proxénétisme géronto, à savoir le magnifique Nelson André.

Deux mots sur lui

Peu avantagé physiquement par une pilosité particulière (une jambe poilue sur deux, idem pour les bras, idem pour les joues), André surnage dans la misère culturelle du temps par son esthétique de la violence, goût si prononcé qu'il a passé la moitié de sa vie en prison.

Réfractaire à toute activité scolaire, il n'apprend que très tard que les revues placées dans les toilettes ne sont pas là pour pallier à l'absence de papier.

Cousin du caïd de Rolinho (voir plus haut), il partage comme lui le souci de l'obligation conjugale de piètre qualité, ce qui lui vaut de farouches railleries de la part des femmes du quartier.

Cependant, Nelson compense ces maigres afflictions par une intelligence à toute épreuve.

Il débute comme pigiste au Grosso Culo, une feuille de choux parapornographique tenue par un semi-illettré (son patron et seul collègue) qui confond le point G avec une épreuve de descente à ski.


Jean-Rémy Llosa, le fondateur de Grosso Culo (ici accompagnant sa maman au centre social de réinsertion)
Jean-Rémy Llosa, le fondateur de Grosso Culo (ici accompagnant sa maman au centre social de réinsertion)

Nelson progresse logiquement et rapidement au sein de la petite entreprise, passant rédacteur en chef en deux mois.

Son collaborateur décède en absorbant par inadvertance un verre d'eau de javel, lors d'un pot au sein de l'entreprise, et notre ami devient plénipotentiaire mais rapidement ennuyé par le fait d'être esseulé.

L'entreprise individuelle, ça va un temps, mais rapidement en manque de sadisme et d'humiliation, il décide de recruter le jeune Tioneb qui postule par hasard, sévèrement sous-alimenté depuis plusieurs mois après avoir rompu avec son milieu d'origine, et dont le besoin de nourriture passe avant le refus de la pression patronale.

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