Le Sixi6me Elément s'essouffle ! Bo a disparu et Oodile est partie, Nelson doit se contenter de Messire Tioneb.
Voici contée la piteuse odyssée de Messire et Nelson :
Il faut que je, dit Nelson, il faut que je, répète-t'il, l'œil rougi par la fatigue, d'attendre éveillé depuis des heures, dans sa voiture qui sentait la crasse et le rance.
Il passe sa main sur le sommet de son crâne dégarni et rechercha dans les amas de cheveux qui lui restent, ça et là, à l'aide de ses ongles sales, l'origine de sa démangeaison, petit bouton au sommet blanc de pus.
Face à lui, Messire Tioneb, rêve la bouche ouverte, de filles faciles et de camembert, les pensées fromagères, liées à l'activité d'un estomac dégénéré par l'absorption intensive de produits laitiers la veille, j'ai la nausée, rêve-t'il, je vais vomir, se réveille-t'il, dégueulasse, ma voiture va puer ta gerbe pendant des jours, Nelson André crie.
Les mouchoirs en papier imbibés de bouillie gastrique, jetés dans le caniveau, un chewing-gum broyé par des dents nerveuses pour éliminer son haleine fétide, Messire Tioneb compulse le plan de quartier, page 6, là le point noir, Oodile vit là, la salope, pourquoi elle m'a quitté, se remet à pleurer Nelson.
La voiture italienne fermée, les deux hommes se rendent au café, sur la place des Armes, rentrent leurs chemises froissées dans leur pantalon et se dirigent, bonjour messieurs, au fond de la salle du bistrot tout juste ouvert par un brave homme et sa compagne de mauvais poil.
J'ai mal au rein, moi à la tête, bordel de siège, putain de camembert périmé. Le café noir avalé, la carte est étendue sur la table : Oodile vit ici. Elle rentre chez elle à 19h, le soir, elle vit sous les toits, parfois pas avant 20h, ça dépend s'il y a du monde à la sandwicherie, larme de Nelson, la salope, me quitter pour un cuistot de sandwich. Patienter, jusqu'à 19h.
Toute la journée à attendre au café, à acheter des cigarettes, qu'ils ne fument pas, parce qu'ils sont non-fumeurs, mais juste pour faire quelque chose, et peut-être aussi pour faire comme dans les films policiers, à exciter la curiosité des tenanciers du café, toujours vide à midi, à peine rempli, l'après-midi, faire face à la lente dégradation physique du patron et de la patronne, consommant pour les clients absents, des litres de piquette.
- Tu sais, j'ai toujours trouvé les femmes ivres pleines de charme. Ca te dirait de continer cette conversation dans les sanisettes ?
Un repas correct, beaucoup d'eau gazeuse, Messire Tioneb se sent bien. Il ne suit Nelson que pour des raisons financières.